Après le minimalisme à la maison, le minimalisme de gestion devrait nous sauver

Je vire clairement minimaliste. J’ai lu Ranger, de Marie Kondo. Sans aucune envie, je l’avoue, je l’ai lu pour mes clients. Lire un livre sur le rangement… quel divertissement ! Comme d’habitude, j’aurais enlevé la moitié des pages, mais l’encense du bouquin va bien plus loin. L’idée principale : ranger sa tête = ranger son environnement. Ranger son environnement correctement et durablement = tout jeter. Tout jeter = gagner en efficacité, en charge mentale et limiter les emmerdes. Même mon écriture devient minimaliste. Et puis j’ai continué à m’intéresser au sujet. D’un point de vue purement perso au départ. J’ai donc ouvert un board « minimalisme » sur Pinterest, et commencé à suivre le blog de Maman Minimaliste. J’ai ensuite forcé mon mari et son fils à initier une grande démarche de tri pour expérimenter (j’avais pas le temps moi !). Ça leur a plu. Puis j’ai lancé « Minimalism », le documentaire Netflix des Minimalists (à suivre !). Ça tourne, et tourne dans ma tête.

Le minimalisme c’est simple : ne s’entourer que de ce qui a une utilité précise, ou provoque une émotion positive. Rien d’autre. Ça veut dire avoir plus de respect pour ce qui nous entoure aussi. Chaque objet voit sa présence justifiée, nous les valorisons donc plus. Ça veut dire maitriser ses dépenses également. On n’achète que ce qui nous est absolument utile, ou nous procure un réel plaisir. C’est plus écolo, plus responsable, plus sain, plus spirituel, plus malin, plus citoyen… plus.  On nettoie son intérieur, et on désencombre sa vie des choses et gestes superflues et étouffants. Déjà ça, ça devrait nous sauver, individuellement en tous cas.

Et puis ça a commencé à raisonner autrement chez moi. J’ai pensé à mes questions préférées à destination de mes clients, entreprises ou particuliers : pour quoi faire ? dans le but de… ? afin de… ? pour quelles raisons ? comment justifiez-vous… ? à quoi sert… ? qui a dit que vous deviez… ? Et à toutes ses réponses, souvent les mêmes : parce qu’on a toujours fait comme ça, parce que le process machin le réclame, bah parce qu’il faut… et ma préférée : je ne sais pas. Voilà donc, nos entreprises, à commencer par la mienne, enfermées dans de la surconsommation de process et de tâches. Chaque mois, je remplis mes notes de frais. Depuis la création de mon entreprise, je les range dans une pochette, dans un tiroir, de l’autre côté de la pièce de mon bureau. Les notes de frais, comptablement, sont traitées comme les factures. Il m’a fallu des mois, pour changer mon habitude, ranger ma note de frais dans le classeur des factures, sur le bureau, gagnant ainsi plusieurs minutes et une pochette. Ridicule ? Pensez au nombre de pochettes et de minutes que ça représente dans une boite de 50 000 employés. Au-delà des objets, des achats, l’enjeu c’est le désencombrement de process et habitudes collectives. Il y a un ou deux ans, j’avais déjà retenu l’idée d’Ignition Program de la killing session. On s’assoit et on tue, tout simplement, tous les process et les projets inutiles. On ne les optimise pas, on ne change pas d’outil. On tue. On coupe. On arrête les conneries. Je prône la même démarche dans les non start-up. Je prône le minimalisme de gestion, concept totalement inventé par moi-même, en lequel j’ai, humblement, toute confiance. Si on y fait bien attention, la tendance du minimalisme s’étend aussi, fort heureusement, à nos pratiques de gestion : l’entreprise libérée, le 0 email interne, l’agile, le 0 budget en controlling… Petit à petit, on va vers la lutte contre l’obésité de process, la pollution énergétique. Mon minimalisme de gestion, c’est ne garder que les process, habitudes et projets 100% utiles, ou plaisir (créativité, team building…), le reste on jette.

Le minimalisme de gestion sauvera le monde car il rendra nos organisations plus efficaces, pragmatiques et saines, et donc notre cadre de vie, en tant que travailleur ou client, plus accueillant, productif et oxygéné. 

Abonnez-vous aux publications en suivant la page Facebook, ou sur Twitter

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *