C’est à Grenoble qu’on prépare la paix économique qui sauvera le monde

Lundi matin, 30 minutes d’avance (fait rarissime), j’attends tranquillement (rarissime aussi) mon tour dans la file d’attente aux machines SNCF pour deux tickets pour la Défense. Je paye, le compte exact en petite monnaie. Et là, oh surprise, la machine me donne mes tickets et l’intégralité de mon argent. Je me rends donc au guichet « information » pour en informer les charmantes personnes qui écoutent de la musique. Je sais, certains d’entre vous sont déjà surpris. Parce que le Larouse dirait quelque chose du genre « bien mal aquis ne profite jamais ». Et si on réfléchit 2 minutes et qu’on remplace la machine par un commerçant en chair et en os. Franchement… Bref, le Monsieur qui écoute de la musique en attendant d’informer me répond « eh bah tant mieux pour vous ». Sérieusement ? Je suis donc partie, mon argent maudit dans la poche et une forme d’aigreur difficilement identifiable. Ça m’a travaillé, et je l’ai analysé.

Il ne m’a pas du tout dit ce que j’aurais aimé entendre. Voilà ce que je voulais entendre : « merci pour l’information madame, pouvez-vous m’indiquer la machine concernée svp ? Je vais la mettre hors service. A titre de remerciement, considérez que la SNCF vous offre les billets. ». Pourquoi ?

Premièrement, l’argent que je mets dans la machine, vous aussi d’ailleurs, finit sur un compte de la société SNCF. Chaque mois, ce Monsieur reçoit un virement qui doit avoir pour titre « VIR SALAIRE SNCF » ou quelque chose dans le genre. Et je vous arrête tout de suite, je me fiche qu’il soit ou non employé direct de la SNCF, la sous-traitance répond exactement aux mêmes logiques. Ce fameux virement, à peu de choses près, part d’un compte bancaire qui appartient à la société SNCF. Donc sur mon billet une part est dédiée aux paiements des employés. J’ai du mal à concevoir qu’on puisse à ce point se désintéresser de son employeur, qu’on ne fasse pas le lien entre ventes et emplois. Au point de laisser, sciemment, le risque que l’expérience se reproduise pour l’ensemble des clients de la machine. Et pourquoi pas d’autres si le problème vient du logiciel. Je suis heureuse de payer mon billet, car je trouve que le personnel de la SNCF mérite d’être payé, en premier lieu.

Deuxièmement, et je crois que c’est pire : se réjouir, non pas de l’information que je lui ai donnée, mais que la machine distribue les revenus de ses ventes, revient à dire qu’on s’oppose les uns aux autres. L’entreprise, l’employé et le consommateur. Avec, au centre, des scénarios d’arnaque ou de guerre économique. Et ça m’a fait tilt. J’ai fait le rapprochement avec le livre Paix Economique de Dominique Steiler, que j’aime, avant même de l’avoir lu. J’ai vu Dominique Steiler à l’UBATx de la Fabrique Spinoza, il est titulaire de la chaire Paix Economique, Mindfulness et Bien-être, au travail de Grenoble Ecole de Management. Dis comme ça, ça a l’air d’un truc de hippies, mais pas du tout, c’est de la recherche. Leur point c’est : au lieu de chercher à se tirer la bourre, à tirer le plus de profit de nos relations, essayons plutôt de les équilibrer. Cela revient à rappeler le but premier de l’entreprise « créer des richesses et contribuer au bien commun ». Je n’ai rien contre la SNCF, j’aime la SNCF. La SNCF c’est 270 00 personnes dont les tâches quotidiennes sont consacrées à faire que moi, Clemence Laporte, Cious Consulting, je puisse aller à mon rendez-vous à la Défense. Merci la SNCF en fait. Alors, à moins qu’on m’apporte la preuve que le COMEX de la SNCF organise des petits déjeuners stratégiques ayant pour thème : comment arnaquer et saigner nos clients, je n’ai aucune raison de leur voler 5,60 euros, avec le sourire.

Je plaide pour un monde dans lequel l’argent ne serait plus une idole. Dans lequel le business serait naturellement aidant et non capitalistique. Pour qu’on arrête de s’étonner de payer un tee-shirt propre 35 € et qu’on se réjouisse de payer des impôts. Qu’on ne s’émeuve pas de dépenser notre argent, mais qu’on se concentre sur ce qu’il apporte plutôt.

La paix économique sauvera notre monde économique, c’est la seule issue. Ça nécessite transparence et engagement de sincérité réciproque. Avec GEM qui a décidé de sauver le monde, j’ai de nouveau l’espoir d’un business propre et pourquoi pas beau.

@SNCF, si vous voulez récupérer vos 5,60 euros, ils n’ont pas bougé. Me contacter en MP.

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