Il n’y a que nos émotions qui nous sauveront des robots

Je lis How to have a good day de Caroline Webb. Avec tout ce que j’ai lu sur le sujet, je pensais être blindée. Et bien je dois dire que c’est une belle surprise. C’est un des rares livres du genre dont je recommande la lecture à mes clients. C’est, d’ailleurs, en animant un séminaire collectif, en parallèle de cette lecture, que la conceptualisation suivante m’est venue. Notre leadership est constitué d’ingrédients précis. Attention, je parle du leadership qui nous dépasse, celui que chacun d’entre nous porte en lui. Pas du charisme de Barack Obama ou de l’acuité business de Steve Jobs. Je parle de notre capacité, à tous, d’influencer nos vies et nos sphères immédiates. Ce qui, selon moi, fait la différence entre quelqu’un qui lead en pleine conscience, et quelqu’un qui lead sans faire exprès, voire mal, c’est la capacité à utiliser ses émotions. Et, c’est cette même capacité qui assurera la survie de la race humaine… Je recommande aussi la lecture de Le temps des robots est-il venu ? de Jean-Philippe Braly et Jean-Gabriel Ganascia. Ce livre devrait être enseigné à l’école. Non pas parce qu’il a été écrit par mon cousin, mais parce qu’il décrit, précisément, le monde qui s’ouvre à nous ; en parlant aux gens comme moi… qui n’ont aucune expertise particulière en robot !

Venons-en au fait. On a devant nous : une horde de robots et ordinateurs prêts à soutenir tous les domaines de nos vies et remplacer les 3/4 de nos jobs ET une crise profonde du leadership qui se confond avec charisme et surexposition de sensiblerie sur Instagram.

Petit point d’info pour ceux qui n’auraient pas suivi… L’Intelligence Artificielle n’est plus seulement un film de Spielberg et ses amis… C’est la capacité, qu’a une machine, à faire des choses, apprendre de ces choses et de ses erreurs, pour faire encore plus de choses et encore mieux ! Comme nous, mais sans corps humain et sans âme. Génial me direz-vous… bientôt tous les domaines de nos vies seront assistés, à la maison comme au travail. A la question « que va-t-on devenir ?? », j ’ai toujours envie de répondre par une petite tape derrière la tête… « Des humains ! ». Les professionnels de l’accompagnement utilisent souvent cette image anglo-saxonne pour définir l’homme : à la fois human-being, celui qui est, et humain-doing, celui qui fait. Voilà où ça coince, on a tendance à oublier, (excluons Serge Gainsbourg, le Pape François, ma copine Sarah et quelques personnages de télé-réalité), qu’on n’est pas que des human-doing ! La plupart d’entre nous sommes obsédés par le « faire ». Qui nous conduit à faire plus, mieux, plus vite, et puis encore plus tiens ! Alors arrêtons-nous, car c’est cette partie là qui est en concurrence directe avec les robots. Demain, ils sont partout… si on n’est pas un peu plus « human being », alors on est morts ! Notre valeur n’est pas dans la rapidité avec laquelle on encaisse le panier d’un client, mais dans nos émotions. Etre un peu plus human being, c’est se rappeler, tous les jours, « je ne suis pas une machine », et surtout « la personne en face de moi n’est pas une machine non plus ».

Voici, maintenant, le lien avec le premier bouquin How to have a good day. Utiliser ses émotions et les partager, ça ne veut pas dire afficher toutes ses humeurs sur Facebook, faire passer de l’impolitesse pour de la franchise, comme on le voit dans les émissions de télé-réalité, ou se congratuler d’être soupe au lait (personne dont l’humeur change très brutalement, aussi vite que le lait redescend dès qu’on le sort du feu – voir expressio.fr)…. Mais, ça veut dire s’écouter, écouter, et utiliser ses émotions intentionnellement.

Pour chaque jour, chaque réunion, chaque projet, je définis d’abord l’intention : ce que j’offre à ce jour, cette réunion, ce projet. Ce que je mets de moi. J’ai l’intention d’écrire cet article comme une acharnée, avec force de conviction.

Pour chaque jour, chaque réunion, chaque projet, et pourquoi pas sa vie entière… je définis encore ma vision / ou mission : quel est le rêve derrière ? à quoi ressemble l’atterrissage idéal ? quand je me projette, comment est la réussite ?

Pour atteindre cette vision à l’échelle d’une vie, d’un projet, d’un échange téléphonique ou d’une journée, je définis des objectifs spécifiques, atteignables, mesurables et précis dans le temps. Sur lesquels je suis le seul à avoir le contrôle évidemment « faire que mon collègue arrête de me couper la parole » n’est pas un objectif…  c’est un voeux

Toujours pour chaque journée, ou chaque occasion, je mets en place des actions. Typiquement human doing… Je fais, je réalise, je construis, je bâtis… je p.r.o.d.u.i.s. Si j’ai bien fait ma définition d’objectifs ça coule tout seul d’ailleurs.

Et enfin… et on l’oublie 9 fois sur 10 : j’utilise mes émotions chaque jour, pour chaque projet, chaque réunion, chaque instant de vie, chaque conversation. En tant que human being, j’ai des émotions, j’en suis fier et ça fait de moi un non-robot. Il ne s’agit pas de sensiblerie, mais d’utiliser d’autres forces, telles que le cœur, l’intuition (les tripes), la créativité, pour réfléchir, prendre des décisions, analyser une situation etc.

Je ne crois pas que les robots nous veulent du mal, l’affirmer serait projeter sur eux ce que nous sommes seuls à avoir : des émotions. En tous cas, seules nos émotions justifieront bientôt notre cohabitation avec les robots, et nous sauverons, donc, d’une perte inévitable de main-prise sur la production.

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