L’emlyon business school peut nous rendre immortels

L’emlyon business school n’est pas la meilleure école de commerce uniquement parce que j’en sors… Je n’y ai, d’ailleurs, fait que mon master. L’emlyon business school forme des gens à l’avenir et non au présent.

Je m’explique. Voilà quelques années maintenant qu’on sait que : le salariat, tel qu’il est conçu aujourd’hui, court à sa perte ; que le marché des services se segmente et se restructure autour de l’open source et de l’open service ; que le management de la performance est en crise (j’adore cette formule édulcorée), que les consommateurs questionnent etc. etc. 60 % des métiers de 2030 n’existent pas aujourd’hui (Ernst & Young). Quand ma belle-fille, fraichement entrée en seconde cette année, confie envisager une carrière dans le marketing, la coach que je suis encourage et questionne, la belle-mère, que je suis, pense plutôt : « chérie, le marketing est mort, la médecine est morte, le transport est mort, l’hôtellerie est morte ». A mon sens il y plus de chance que les maréchaux-ferrants traversent le prochain siècle qu’un « chef de projet étude » ou un « responsable merchandising ». Sorry pour eux. Mon avis personnel est que ce n’est pas bien grave. Et en voyant le métier de conseil, que j’exerce, mourir pour se restructurer différemment, j’ai quand même du mal à en faire le deuil. Bon, deuil fait, qu’est-ce qu’on fait ?

On envoie tout le monde à l’emlyon, avant de traverser la rue. Mr le Président et ses amis, n’avaient pas tort. Du boulot (= activité rémunérée) il y en a à tous les coins de rues, des activités (= occupations pas forcément rémunérées) pareil, des métiers (= type particulier d’activité nécessitant des compétences précises) ça c’est autre chose, et alors pour les métiers d’avenir (= qui n’auront pas disparu avant de rentabiliser son prêt étudiant) ouch, et puis pour les métiers durables (= qui participent au bien collectif et à la survie de notre espèce) ah ah ah. Bref, traverser la rue pour trouver un job qui rapporte le taux horaire minimum, oui. Quoiqu’à la campagne traverser une rue peut vite dire faire 45,6 km. Mais il va falloir qu’on fasse un peu plus de chemin pour atteindre les métiers d’avenir et durables. Ce qui nous ramène à l’emlyon business school. Pourquoi ? Parce qu’elle forme les entrepreneurs de demain, les early makers.

Arrêtons de former à des compétences techniques à l’école. La principale compétence d’un serveur chez Ekki, d’un vendeur chez Peugeot, d’une gouvernante chez Accor, d’un cast member chez Disney, d’une secrétaire médicale, d’un agent d’accueil de mairie et d’une hôtesse de l’air d’Air France, c’est la relation de service. Au lieu de créer des formations techniques : BEP vente, Barista, concours de la territoriale, mention accueil dans les transports, hôtellerie etc. demandons à l’Académie du service, expert de la relation de service, de créer un programme pour tous ceux qui s’y destinent ! Une fois ce socle essentiel de compétences acquis, Ekki peut investir sur la formation de ses employés pour la particularité service rapide, Accor peut organiser la formation technique signature Accor. Tous ceux qui, comme moi, investissent du temps dans la formation à la relation de service, savent que les entreprises passent une énergie incroyable à rattraper les besoins sur cette dimension. Qui, en fait, devrait être un des fondamentaux. Une de celle-ci, m’a confié changer totalement leur approche de recrutement. Fini les techniciens et les passionnés du produit, ils recrutent des gens compétents en relation commerciale, qu’ils formeront de toutes façons aux nouveaux produits qui sortent tous les 4 matins. Super. Qu’est-ce qu’on fait des techniciens qu’on continue à former comme tels ?

Pour les métiers en col blanc, voire en blouse, c’est la même chose. Le management, le leadership, la gestion, la sociologie des organisation, l’éthique, le développement durable, doit s’apprendre à l’école. Les tâches que l’on exerce dans notre quotidien, aujourd’hui comme demain, c’est l’affaire du monde économique. J’ai passé beaucoup de temps à accompagner des médecins. Je suis convaincue que si, avant même d’entamer médecine et de savoir positionner la rate (qui sait où est la rate ?), ces médecins faisaient 1 an de développement de compétences génériques telles que : travailler en équipe, relation de service, communication interpersonnelle, intelligence émotionnelle, science des organisations, management, bases de la gestion économique d’un système… et bien, ils seraient beaucoup, beaucoup, moins malheureux, désarmés et frustrés au quotidien.

Envoyons tous les médecins à l’emlyon business school. Arrêtons de former des juristes d’entreprise, des marketeux, des chargés de com, des analystes financiers… Formons des early makers, les travailleurs d’avenir et durables, des compétents agiles, des esprits critiques, à qui ont accorderait donc d’avoir 100 vies professionnelles. Et pourquoi pas de construire les rues qui nous permettraient d’aller plus loin (sic). J’ai conscience que ce point de vue laisse beaucoup de professionnels de côté : l’art, l’artisanat, la défense (et quoique, ça mériterait d’être réfléchi). D’une manière générale, je crois que l’enjeu n’est pas de former des techniciens de métiers qu’on ne connait pas, dans un quotidien bouleversé par une méga-révolution techno, mais de former des super-humains agiles et émotionnellement intelligents.

Je crois que l’emlyon business school peut sauver nos emplois, car au-delà des quelques centaines d’early makers qu’elle forme pour 2030, c’est un modèle qui devrait se répandre. Une année de professionnalisation après le bac, voire le brevet ? Priorité aux compétences transversales et surtout immortelles…

NB : l’emlyon business school forme aussi très bien les techniciens d’aujourd’hui et de demain, dans toutes les matières business…

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