Et si une question pouvait nous sauver un peu tous les jours ?

J’ai lu un article dans Choice, magazine professionnel dans lequel j’ai eu la chance de publier moi-même. La page intitulée « The Central Question » est écrite par Harvey Schoof. Je n’en fais pas la pub, je ne connais pas ce monsieur, je n’ai pas lu son livre et quelques critiques concernant son offre me dérangent. Néanmoins, ou nonobstant ces considérations, j’ai adoré la formulation de sa question centrale…

Le postulat est que l’on nonobstant peut utiliser sa raison pour relativiser (qui, je le rappelle, n’est pas un synonyme de minimiser, mais veut dire : « faire perdre à quelque chose son caractère absolu en le replaçant dans un ensemble, un contexte. » Larousse, 2019).

Nous sommes souvent secoués par des événements ou facteurs exogènes (« qui provient de l’extérieur, se produit à l’extérieur (de l’organisme, d’un système »). On entend souvent « c’est pas de ma faute », « je n’y peux rien », « j’ai pas le choix » etc. Tout ce que, pour mes clients, j’appelle des explications. C’est bien d’expliquer mais ça ne fait pas avancer le schmilblick (« faire progresser un sujet »). Et nous revoici en plein milieu d’un sujet cher à mon cœur : le contrôle… et son corolaire, la liberté. 

« Si j’ai le contrôle, j’ai la liberté, je ne subits plus l’exogène. » 

Le choix

Alors comment fait-on me direz-vous ? Et bien on utilise la question centrale de ce monsieur : « quel choix puis-je faire et quelle action puis-je engager, en ce moment, pour en tirer le meilleur parti ? » Chaque mot compte. 

Oui toujours, comme aiment à le dire les neuroscientifiques, notre journée n’est qu’une série de décisions microscopiques et presque invisibles, (avec quelle main tenir la poignée de la porte ? Quel verre prendre dans le placard ?) À plus conscientes (dois-je l’épouser ? Dois-je me séparer de ce collaborateur ?). 

Si je n’ai pas le choix de ce qui me tombe dessus ou m’envoie l’univers, j’ai le choix de ce que j’en fais, comment je le perçois, l’analyse ou l’utilise. Parfois la portée du choix peut sembler limitée, mais elle est là. 

L’action

Ce qui définit, entre autres, l’être humain c’est sa capacité d’actions très larges. La décision est, presque, indissociable de l’action. C’est la réalisation ou la démonstration de celle-ci.

En ce moment, là maintenant tout de suite, j’engage souvent mes clients à s’ancrer dans le présent. La question n’est jamais « qu’elle est la bonne décision pour dans 20 ans ? », mais pour là tout de suite, maintenant. Pour demain éventuellement. Mais en tous cas dans une temporalité limitée. Ce qui est vrai, est vrai aujourd’hui. Mes capacités et mes options sont celles d’aujourd’hui. Prendre une décision pour plus tard, qui ne peut déboucher sur une action immédiate, revient à ne pas en prendre. Ça revient à attendre. 

Le meilleur parti

Ça ne veut pas dire idéal. Souvent, puisqu’on ne peut pas avoir de situation idéale ou effacer un phénomène exogène on a tendance à ne rien en faire du tout. C’est un peu comme quand ma fille me dit que, puisqu’elle ne peut pas avoir de chocolat, elle n’a pas faim du tout… La résignation, c’est le non choix, la non réponse. 

J’apporte peu d’intérêt à qui est ce monsieur. Mais j’adhère totalement à sa question. Si tous les jours, on pouvait, plusieurs fois par jour, se demander « quel choix puis-je faire et quelle action puis-je engager, en ce moment, pour en tirer le meilleur parti ? » Je crois que l’on serait sauvés, en tous cas bien plus libres.

Si Manu Payet le disait… ça pourrait peut-être sauver pas mal de monde !

En route pour les Trophées de la paix économique, organisés par Grenoble Ecole de Management. J’ai pris le train avec Manu Payet. Il ne m’a pas vue. Moi si. Il ne m’a pas vue, parce que je ne suis personne. Lui, si. Pour ceux qui ont hiberné ces dix dernières années, Manu Payet c’est la référence drôle et populaire à l’écran, depuis que Jamel n’en fait plus, de l’écran. Paris – Lyon. En descendant du train, j’ai hésité à réclamer un selfie en mode groupie. J’allais déjeuner avec ma copine Mumu. Et ma copine Mumu, elle aurait kiffé le selfie avec Manu Payet. Et je ne l’ai pas fait. Parce que là ça m’a frappée. Quelle horreur. Quelle horreur d’être Manu Payet. Dans mon wagon, un bus de touristes anglais. Lui, casquette vissée sur la tête, profil bas, et chacun occupé à son smartphone, je crois qu’on n’était pas nombreux à l’avoir repéré. Petit à petit, le flux s’est densifié, prêt à rejoindre la marrée de la gare de la Part Dieu. Si je lui faisais le coup du selfie là, à ce moment, il était parti pour une vague humaine d’hystérie. Je l’ai recroisé plus bas. Il a embrassé son pote, son cousin, son frère, son beau-frère, on sait pas bien et il a quitté là mon champ de vision. J’ai compris qu’être Manu Payet c’est l’enfer… Traverser une gare doit être une source d’angoisse.

Alors pourquoi tant de personnes veulent être connues ?

Marchant dans les pas de Manu Payet, dans cette même gare, c’est un défilé de starlettes qui voudraient qu’on les repère. Que Manu Payet les repère, pas moi. De mecs à lunettes noires en sous-terrain, des-fois-qu’on les prendrait pour Maitre Gims, de loin. C’est un fléau, un vice, une obsession commune. Vouloir être connu. Outre cette pernicieuse tendance de la nouvelle génération à viser la télé-réalité comme une fin en soi, beaucoup de mes clients aspirent à être connus. Pour leur génie, leur savoir, leurs expertises, leurs réussites, leurs vertus. Moi-même je suis fière quand un de mes articles est publié et que je suis mise en avant. Pourquoi alors ? Parce que franchement, à bien y regarder, c’est vraiment chiant d’être Manu Payet… La nana du café fait semblant de pas être surexcitée quand elle te sert, mais elle se recoiffe dès que t’as le dos tourné. La consultante qui partage ton wagon est à deux doigts de te faire le coup du selfie, soit le 24e depuis ton réveil, tout ça pour sa copine Mumu que tu ne connais même pas. Le taxi t’as demandé « une blague », bah oui, t’es drôle donc tu fais des blagues. Ton cœur bat quand tu vois ce couloir qui s’engouffre dans la gare bondée qui peut sonner ta mort par étouffement d’amour, ou simplement 2h de retard à l’anniversaire de tata René… Tu peux pas t’acheter un hollywood chewin gum tranquille. T’es obligé d’avoir une tête à chapeau pour porter des casquettes. Il y a au moins 96 personnes qui se mêlent de ce qui ne les regarde pas : comment t’es habillé, si t’es poli avec la serveuse, ce que tu lis, ce que tu manges, ce que t’écoutes, ce que tu dis à tes potes, qui t’appelles, où tu descends, où tu vas d’ailleurs ? Et c’est qui ce type à qui tu fais la bise ? Mais qui voudrait être Manu Payet ? 

Bah personne. En fait, je crois que les gens confondent « connu » et « reconnu ».

Tu ne veux pas que partout dans la rue, on parle de toi, que les filles soient nues, qu’elles se jettent sur toi, qu’elles t’admirent qu’elles te tuent… comme dirait Balavoine. Tu veux être toi et être reconnu pour l’être unique et génial que tu es. C’est un besoin psychologique et sociologique fondamental. Alors n’ayons pas peur d’y répondre. Offrons et demandons, de la reconnaissance au travail, de la reconnaissance à la maison, dans nos écosystèmes. Plus on se sent reconnu, moins on a de chance d’y substituer un désir un peu simple, genre être Manu Payet. Chère Mademoiselle apprentie starlette d’Instagram, ce que tu veux ce n’est pas être Manue Payette, c’est être reconnue pour tes talents. Avant de demander au monde entier de t’aimer, commence par travailler sur ton amour propre, la confiance en tes talents et tes forces. Si Grenoble Ecole de Management a créé les Trophées de la paix économique, ce n’est pas pour créer des stars de la paix économique mais pour offrir de la reconnaissance à tous ceux qui œuvrent en ce sens. Soyons reconnus, par nous-mêmes, puis par nos pairs et laissons Manu Payet aller chez son pote Michel tranquille.

Manu Payet, si tu nous entends, dis-leur toi que se reconnaître soi-même c’est encore plus cool qu’être connu des autres. Tu sais, ça pourrait sauver quelques personnes… (on se tutoie, sorry, t’es connu je fais comme chez moi).

PS : sympa la casquette.

PS2 : c’était qui le mec à qui t’as fait la bise ?

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