Et si plaquer un client ou son boss pouvait sauver nos nuits ?

Lorsque je suis rentrée chez Cap, une des premières leçons qu’on m’ait données c’est « client first ». Il m’aura fallu presque 10 ans pour comprendre. Comprendre que ça ne veut pas dire que le client a toujours raison, ni que nous sommes esclaves de la volonté du client. Récemment, en coupant des oignons, un peu crevée, mon compte Deezer me propose l’écoute de « ne m’appelle pas » de Cœur de Pirate. Et me voilà dans ma cuisine chantant à tue-tête. 

« Ne m’appelle pas, ne m’écris pas

Tu sais très bien que je vis mieux sans toi

Et au passage, j’efface ton nom

De nos souvenirs car tu es de trop ». 

A tue-tête avec ces drôles de papillons dans le ventre. Comme quelqu’un qui libère des émotions. Comme quelqu’un qui a une prise de conscience profonde et sensorielle. Comme quelqu’un qui accepte enfin quelque chose et se laisse aller à l’excitation de la décision prise. 

Puisque j’ai la chance d’avoir un mari magique, j’ai compris tout de suite que mon inconscient, conscient ou peu importe, saisissait une métaphore. J’allais plaquer un client et un partenaire. Les traumas pros liés au harcèlement d’une manager dérangée, d’un client hystérique ou d’un partenaire à l’égo coupant, sont comme dans la chanson.

« On dit qu’le temps guérit toutes les blessures

Et celles que j’ai subies sont dignes d’une brûlure

Au dernier degré

Je sais, je rigole mais j’ai saigné ».

Alors qu’en fait… des maris magiques ça existe. Des managers magiques aussi. Des clients et des fournisseurs magiques, pareil. Des partenaires magiques, devine quoi… aussi. 

J’avais bien compris que la Client Centricity de Capgemini c’était la notion de partenariat inclusif entre toutes les parties prenantes d’un projet pour apporter le meilleur. De la Paix Économique qui ne se nomme pas. Mais c’est seulement maintenant, après 3 ans d’indépendance que j’intègre pleinement cette dimension complémentaire. Je ne peux être pleinement collaborative et généreuse qu’avec ceux qui le sont aussi. Rien ne m’oblige à subir un client, un partenaire, un sous-traitant. 

J’ai la chance de travailler avec des clients exceptionnels, je leur consacre mon temps, mes pensées en voiture, mes insomnies, mes sourires, mes idées nouvelles, mon énergie, mes innovations, ma puissance de frappe et tout mon être. J’ai la chance d’avoir des partenaires exceptionnels avec qui je pourrais faire la route des vins, partager tout mon fichier client, planifier un casse au CAC 40. Merci à eux. Et j’ai décidé, que la priorité pour moi était de ne vivre que de belles expériences de collaboration. De la Happy Centricity et de la Paix Économique au quotidien. 

Pour les (deux) autres moins magiques… Cher client, cher partenaire. Ce n’est pas toi, c’est moi. Nos chemins se séparent ici. Il n’y a pas de magie. Je n’ai pas de sentiment. Bref. C’est fini entre nous. 

« Et ne m’appelle pas, bloque, delete moi

N’y pense même pas, seul dans la nuit

Je ne réponds plus, nous deux c’est vaincu

Tu resteras, dans l’oubli ».

Si la relation client, fournisseur, professionnelle ou managériale n’est pas une relation d’Amour, c’est quand même une relation qui repose sur des émotions et en provoque. Alors oui, je crois que chacun de nous devrait plaquer son boss, ses collègues ou son client quand ça ne lui apporte pas la joie qu’une belle relation devrait apporter. Pour se sauver.

Un bon kick à Beyoncé pourrait sauver beaucoup d’entre nous

C’est en écoutant sur Audible, Lead In : women, work, and the will to lead de Sheryl Sandberg, (merci Sylvie Magrangeas) que j’ai entendu une description du « syndrome queen-bee ». N’ayant pas l’orthographe sous les yeux, j’ai cru à une référence à Queen-B (aka Beyoncé), souvent reliée à quelques images féministes à tendance girl power. Rien à voir. Queen-Bee, reine des abeilles. Dans les grandes lignes, il s’agit du syndrome dont souffrirait certaines femmes hautes placées dans la chaîne alimentaire professionnelle. L’indifférence à la cause de ses congénères, voire la jouissance absolue d’une forme d’exclusivité de la réussite. Moi et que moi, vous autres, restez en bas. En creusant, je découvre que cette théorie date des années 70 et expliquerait pour quelles raisons on a l’idée que les femmes sont dures entre elles. D’après l’étude initiale, lorsqu’une femme est « au pouvoir », les autres femmes auraient 50% de chance en moins d’accéder à des postes hauts placés. Si j’ai bien compris, cette théorie a depuis été largement décriée, à grand renfort d’autres études, mais le soupçon persiste. Pourquoi ?

Parce qu’on connait tous une femme « plus misogyne que les hommes », celle qui t’explique qu’’on ne peut pas tout avoir dans la vie », « qu’il y a des tâches plus gratifiantes que donner le bain », « que les baby-sitters ce n’est pas pour les chiens », « qu’ils faut avoir les dents plus longues « qu’eux » (comprendre « les mâles ») », qu’« on n’est pas des mauviettes », que « les émotions n’ont rien à faire dans le travail ». Reine des abeilles peut être, reine de la bêtise, c’est sûr. Tout ça pour dire, qu’il y a des idiots de partout, chez les mâles, comme chez les femelles. Preuve encore, s’il en fallait, de notre parfaite égalité. Face à la connerie, du moins.

Et c’est à peu près à la même période que j’ai entrevu une vidéo LinkedIn d’une certaine Florence Marty, que je ne connais pas du tout. Caroline Loisel, avec qui je venais d’avoir une discussion passionnée autour de la coopération, plutôt que la concurrence, avait réagi à cette vidéo. Voilà, c’est là. Le syndrome queen-bee, c’est d’abord l’histoire de gens qui n’ont pas compris que la concurrence n’était pas toujours la bonne voie. Je partage, comme beaucoup d’autres, l’idée que la coopération sert tout le monde. « Dis-moi à quoi tu contribues, je contribue avec toi ». « Dis-moi ce que tu sais faire, je te dirais ce que je peux faire aussi ». « Dis-moi ce qu’on peut faire ensemble ». La coopération est le premier pas de la paix économique. Non pas seulement parce que c’est une forme de générosité professionnelle, mais parce que c’est juste plus malin. Moi j’appelle ça le paradoxe du dentifrice. Toute petite je m’étonnais du dentifrice dents blanches, du dentifrice anti-caries, et du dentifrice gencives sensibles. De grands moments d’étonnement devant les spots télé à questionner le monde… « mais pourquoi ces imbéciles ne font-ils pas un dentifrice dents blanches, anti-caries et doux ?? ».

Le syndrome queen-bee, c’est le syndrome de celui qui n’a rien compris. De ce formateur qui ne veut pas te présenter son client, même pour quelque chose qu’il ne sait pas faire. De ces 12 forums sur la même thématique, parce que le mien il est meilleur que les autres. De ces 44 réseaux d’affaires aux noms différents, parce que je le vaux mieux. De ces strat-ups qui se trollent, au cas où le monde ne serait pas assez grand pour nous deux. Mâles ou femelles, peu importe.

Pauvre Beyoncé, qui n’a rien à faire là-dedans, laissons-la chanter et laissons les abeilles où elles-sont. Cessons d’être des animaux, pour être des êtres humains contribuant au même enjeu business : produire des biens et services utiles à l’homme, sauvons l’homme. #paixeconomique.

Si Manu Payet le disait… ça pourrait peut-être sauver pas mal de monde !

En route pour les Trophées de la paix économique, organisés par Grenoble Ecole de Management. J’ai pris le train avec Manu Payet. Il ne m’a pas vue. Moi si. Il ne m’a pas vue, parce que je ne suis personne. Lui, si. Pour ceux qui ont hiberné ces dix dernières années, Manu Payet c’est la référence drôle et populaire à l’écran, depuis que Jamel n’en fait plus, de l’écran. Paris – Lyon. En descendant du train, j’ai hésité à réclamer un selfie en mode groupie. J’allais déjeuner avec ma copine Mumu. Et ma copine Mumu, elle aurait kiffé le selfie avec Manu Payet. Et je ne l’ai pas fait. Parce que là ça m’a frappée. Quelle horreur. Quelle horreur d’être Manu Payet. Dans mon wagon, un bus de touristes anglais. Lui, casquette vissée sur la tête, profil bas, et chacun occupé à son smartphone, je crois qu’on n’était pas nombreux à l’avoir repéré. Petit à petit, le flux s’est densifié, prêt à rejoindre la marrée de la gare de la Part Dieu. Si je lui faisais le coup du selfie là, à ce moment, il était parti pour une vague humaine d’hystérie. Je l’ai recroisé plus bas. Il a embrassé son pote, son cousin, son frère, son beau-frère, on sait pas bien et il a quitté là mon champ de vision. J’ai compris qu’être Manu Payet c’est l’enfer… Traverser une gare doit être une source d’angoisse.

Alors pourquoi tant de personnes veulent être connues ?

Marchant dans les pas de Manu Payet, dans cette même gare, c’est un défilé de starlettes qui voudraient qu’on les repère. Que Manu Payet les repère, pas moi. De mecs à lunettes noires en sous-terrain, des-fois-qu’on les prendrait pour Maitre Gims, de loin. C’est un fléau, un vice, une obsession commune. Vouloir être connu. Outre cette pernicieuse tendance de la nouvelle génération à viser la télé-réalité comme une fin en soi, beaucoup de mes clients aspirent à être connus. Pour leur génie, leur savoir, leurs expertises, leurs réussites, leurs vertus. Moi-même je suis fière quand un de mes articles est publié et que je suis mise en avant. Pourquoi alors ? Parce que franchement, à bien y regarder, c’est vraiment chiant d’être Manu Payet… La nana du café fait semblant de pas être surexcitée quand elle te sert, mais elle se recoiffe dès que t’as le dos tourné. La consultante qui partage ton wagon est à deux doigts de te faire le coup du selfie, soit le 24e depuis ton réveil, tout ça pour sa copine Mumu que tu ne connais même pas. Le taxi t’as demandé « une blague », bah oui, t’es drôle donc tu fais des blagues. Ton cœur bat quand tu vois ce couloir qui s’engouffre dans la gare bondée qui peut sonner ta mort par étouffement d’amour, ou simplement 2h de retard à l’anniversaire de tata René… Tu peux pas t’acheter un hollywood chewin gum tranquille. T’es obligé d’avoir une tête à chapeau pour porter des casquettes. Il y a au moins 96 personnes qui se mêlent de ce qui ne les regarde pas : comment t’es habillé, si t’es poli avec la serveuse, ce que tu lis, ce que tu manges, ce que t’écoutes, ce que tu dis à tes potes, qui t’appelles, où tu descends, où tu vas d’ailleurs ? Et c’est qui ce type à qui tu fais la bise ? Mais qui voudrait être Manu Payet ? 

Bah personne. En fait, je crois que les gens confondent « connu » et « reconnu ».

Tu ne veux pas que partout dans la rue, on parle de toi, que les filles soient nues, qu’elles se jettent sur toi, qu’elles t’admirent qu’elles te tuent… comme dirait Balavoine. Tu veux être toi et être reconnu pour l’être unique et génial que tu es. C’est un besoin psychologique et sociologique fondamental. Alors n’ayons pas peur d’y répondre. Offrons et demandons, de la reconnaissance au travail, de la reconnaissance à la maison, dans nos écosystèmes. Plus on se sent reconnu, moins on a de chance d’y substituer un désir un peu simple, genre être Manu Payet. Chère Mademoiselle apprentie starlette d’Instagram, ce que tu veux ce n’est pas être Manue Payette, c’est être reconnue pour tes talents. Avant de demander au monde entier de t’aimer, commence par travailler sur ton amour propre, la confiance en tes talents et tes forces. Si Grenoble Ecole de Management a créé les Trophées de la paix économique, ce n’est pas pour créer des stars de la paix économique mais pour offrir de la reconnaissance à tous ceux qui œuvrent en ce sens. Soyons reconnus, par nous-mêmes, puis par nos pairs et laissons Manu Payet aller chez son pote Michel tranquille.

Manu Payet, si tu nous entends, dis-leur toi que se reconnaître soi-même c’est encore plus cool qu’être connu des autres. Tu sais, ça pourrait sauver quelques personnes… (on se tutoie, sorry, t’es connu je fais comme chez moi).

PS : sympa la casquette.

PS2 : c’était qui le mec à qui t’as fait la bise ?

Pour travailler sur vous-mêmes et sur vos forces, la prochaine édition de la Journée Démarre, c’est le 19 septembre 2019. Plus d’infos et inscriptions

3 bonnes résolutions pour sauver l’engagement des collaborateurs

Pour les amateurs, les créateurs, les désireux, les curieux, les défenseurs, les obligés, les désespérés, les promoteurs, les concernés, les conscients, les inconscients, les leaders et les bénéficiaires de l’engagement collaborateurs… ce livre blanc présente 3 bonnes résolutions.

Pour sauver l’engagement des collaborateurs, il nous faudra :

  1. Intégrer la connaissance de soi au plan de formation ou de GPEC
  2. Mettre en place le management juste
  3. Préparer l’évolution de son business model vers la paix économique

Pour découvrir les trois solutions associées :

  1. L’achat de quelques places pour la Journée Démarre, inscrivant ainsi la connaissance de soi à votre plan de formation ou de GPEC
  2. La lecture du Management juste de Thierry Nadisic, pour structurer votre plan de développement managérial
  3. La lecture, et la diffusion à ses pairs, de Osons la paix économique de Dominique Steiler, pour initier sa réflexion vers une transformation de business model

Téléchargez le livre blanc complet ici

C’est à Grenoble qu’on prépare la paix économique qui sauvera le monde

Lundi matin, 30 minutes d’avance (fait rarissime), j’attends tranquillement (rarissime aussi) mon tour dans la file d’attente aux machines SNCF pour deux tickets pour la Défense. Je paye, le compte exact en petite monnaie. Et là, oh surprise, la machine me donne mes tickets et l’intégralité de mon argent. Je me rends donc au guichet « information » pour en informer les charmantes personnes qui écoutent de la musique. Je sais, certains d’entre vous sont déjà surpris. Parce que le Larouse dirait quelque chose du genre « bien mal aquis ne profite jamais ». Et si on réfléchit 2 minutes et qu’on remplace la machine par un commerçant en chair et en os. Franchement… Bref, le Monsieur qui écoute de la musique en attendant d’informer me répond Continue reading “C’est à Grenoble qu’on prépare la paix économique qui sauvera le monde”