Un bon kick à Beyoncé pourrait sauver beaucoup d’entre nous

C’est en écoutant sur Audible, Lead In : women, work, and the will to lead de Sheryl Sandberg, (merci Sylvie Magrangeas) que j’ai entendu une description du « syndrome queen-bee ». N’ayant pas l’orthographe sous les yeux, j’ai cru à une référence à Queen-B (aka Beyoncé), souvent reliée à quelques images féministes à tendance girl power. Rien à voir. Queen-Bee, reine des abeilles. Dans les grandes lignes, il s’agit du syndrome dont souffrirait certaines femmes hautes placées dans la chaîne alimentaire professionnelle. L’indifférence à la cause de ses congénères, voire la jouissance absolue d’une forme d’exclusivité de la réussite. Moi et que moi, vous autres, restez en bas. En creusant, je découvre que cette théorie date des années 70 et expliquerait pour quelles raisons on a l’idée que les femmes sont dures entre elles. D’après l’étude initiale, lorsqu’une femme est « au pouvoir », les autres femmes auraient 50% de chance en moins d’accéder à des postes hauts placés. Si j’ai bien compris, cette théorie a depuis été largement décriée, à grand renfort d’autres études, mais le soupçon persiste. Pourquoi ?

Parce qu’on connait tous une femme « plus misogyne que les hommes », celle qui t’explique qu’’on ne peut pas tout avoir dans la vie », « qu’il y a des tâches plus gratifiantes que donner le bain », « que les baby-sitters ce n’est pas pour les chiens », « qu’ils faut avoir les dents plus longues « qu’eux » (comprendre « les mâles ») », qu’« on n’est pas des mauviettes », que « les émotions n’ont rien à faire dans le travail ». Reine des abeilles peut être, reine de la bêtise, c’est sûr. Tout ça pour dire, qu’il y a des idiots de partout, chez les mâles, comme chez les femelles. Preuve encore, s’il en fallait, de notre parfaite égalité. Face à la connerie, du moins.

Et c’est à peu près à la même période que j’ai entrevu une vidéo LinkedIn d’une certaine Florence Marty, que je ne connais pas du tout. Caroline Loisel, avec qui je venais d’avoir une discussion passionnée autour de la coopération, plutôt que la concurrence, avait réagi à cette vidéo. Voilà, c’est là. Le syndrome queen-bee, c’est d’abord l’histoire de gens qui n’ont pas compris que la concurrence n’était pas toujours la bonne voie. Je partage, comme beaucoup d’autres, l’idée que la coopération sert tout le monde. « Dis-moi à quoi tu contribues, je contribue avec toi ». « Dis-moi ce que tu sais faire, je te dirais ce que je peux faire aussi ». « Dis-moi ce qu’on peut faire ensemble ». La coopération est le premier pas de la paix économique. Non pas seulement parce que c’est une forme de générosité professionnelle, mais parce que c’est juste plus malin. Moi j’appelle ça le paradoxe du dentifrice. Toute petite je m’étonnais du dentifrice dents blanches, du dentifrice anti-caries, et du dentifrice gencives sensibles. De grands moments d’étonnement devant les spots télé à questionner le monde… « mais pourquoi ces imbéciles ne font-ils pas un dentifrice dents blanches, anti-caries et doux ?? ».

Le syndrome queen-bee, c’est le syndrome de celui qui n’a rien compris. De ce formateur qui ne veut pas te présenter son client, même pour quelque chose qu’il ne sait pas faire. De ces 12 forums sur la même thématique, parce que le mien il est meilleur que les autres. De ces 44 réseaux d’affaires aux noms différents, parce que je le vaux mieux. De ces strat-ups qui se trollent, au cas où le monde ne serait pas assez grand pour nous deux. Mâles ou femelles, peu importe.

Pauvre Beyoncé, qui n’a rien à faire là-dedans, laissons-la chanter et laissons les abeilles où elles-sont. Cessons d’être des animaux, pour être des êtres humains contribuant au même enjeu business : produire des biens et services utiles à l’homme, sauvons l’homme. #paixeconomique.

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