Vivre à Disneyland, une idée pour sauver le monde

Plein mois d’août Disneyland Paris (Eurodisney pour les réac’) avec 3 enfants de 15 à 1 ans. Ça sonne comme un cauchemar pour certains, et pourtant j’ai vécu un rêve bleu. Disney c’est soit on aime, soit on déteste. J’adore. Peu objective donc. En y passant 3 jours en famille, j’ai senti un profond bien être. Ressourcée alors que nous ne sommes pas partis cette année, j’étais prête à attaquer la rentrée après ça (ça plus une retraite spirituelle, digital detox…). Je me suis donc interrogée sur ce qui pouvait participer à ce « phénomène ». Les files d’attente interminables ? La concentration maximale d’impolitesse ? Les innombrables démonstrations de misogynie et éducation non bienveillante ? La nourriture à peine avalable ? Probablement pas. Et bien alors quoi ?

L’atmosphère. Rien à faire, on n’y revient toujours… Les architectes ne me détromperont pas, l’atmosphère est essentielle à notre bien-être. L’atmosphère, c’est une combinaison de multiples facteurs que les marketeux ont très bien compris. Je me sens bien dès que je mets un pied à Disneyland Paris parce que : c’est joli et rose. Le rose est la couleur qui évoque le bonheur, on dit que pour cultiver la joie il faudrait voir un peu de rose tous les jours. Parce que, contrairement à ce qu’on pourrait penser, c’est très aéré. On n’étouffe jamais car tout est haut, très haut, large, très large… Main Street, lorsqu’on entre, est d’ailleurs une fausse perspective, construite pour donner cette impression de grandeur. Et puis la musique est mignonne et sans basse surtout, pas de « boom » que des « lilalou ». La lumière, travaillée qu’il pleuve qu’il neige, ou qu’il vente. Les arbres, la propreté, l’eau…

Ça sent l’enfance. L’enfance ce n’est pas toujours drôle mais s’il y a une chose que l’enfant du placard et les gosses du club Disney partagent, c’est l’insouciance. L’insouciance est propre à l’enfance. C’est une étape de la construction psychique et sociale. Quand on croise dans la rue un parent vociférant sur son enfant « tu peux pas faire attention ! à cause de toi la dame a failli tomber/avoir un accident/ marcher sur un caca », j’ai souvent envie de répondre « bah non, il peut pas ». Pour pouvoir, il faudrait qu’il soit « souciant », qu’il ait le souci : des autres, de l’environnement, de l’étape d’après, du futur… et il ne l’a pas. L’insouciance c’est pour moi l’expression parfaite de la pleine conscience. On court après des séminaires de pleine conscience, pour finalement retrouver le goût de l’insouciance de notre enfance. Même si l’adulte à Disneyland est tout sauf insouciant, parce qu’il cherche à optimiser, minuter, économiser, préserver sa famille… le fait que ça sente l’enfance évoque invariablement l’insouciance.

Parce qu’on est entourés par la joie. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi le club des déprimés-maussades-un-peu-de-mauvaise-humeur-et-pas-drôles n’existe pas ? ça ne fait pas rêver. Une génération passe sa vie sur Instagram à suivre le bonheur affiché (vrai, je vous laisse en juger) de gens qu’ils ne connaissent pas, juste pour que cela les éclabousse un peu. Rien à faire, si Melinda, à l’accueil, fait la gueule tous les matins, il y a moins de chance qu’on entame la journée avec la grande forme qu’avec, à cette même place, Aziz son sourire, ses mini blagues et son énergie. La proportion de gens heureux à Disneyland sera toujours plus forte que les autres. Ça éclabousse, on est aussi plus heureux. Et pourtant rien à voir avec un bonheur collectif, puisqu’on ne vit rien ensemble. On aspire la joie ambiante, c’est tout.

C’est de la spiritualité pour les nuls. Ce que Walt Disney et son copain Anderson ont bien compris, c’est la nécessité de spiritualité pour l’humain, dès son plus jeune âge. Avez-vous déjà vu mon bébé faire le vent ? Non. Et bien, pour elle, derrière le vent il n’y a pas juste le vent. Il y a le vent qui fait bouger les feuilles de arbres, eux-mêmes des créatures incroyables. Il y a le vent qui touche son visage mais sans main. Il y a l’infini. L’indicible. Dieu. Que sais-je. En tous cas c’est magique et ça pousse à l’interrogation et à froncer son mini sourcil droit en faisant « pff » avec sa bouche. Dans les contes, il y a la magie qui pousse à d’intenses réflexions autour du commencement. Et dans les contes, il y a aussi des morales. Et, (attention cette fois je prends parti), n’en déplaise aux grincheux, chez Disney il n’a pas que des morales misogynes, type une princesse cherche un prince sinon elle meurt. Chez Disney, il y a aussi des discussions inclusives, écologiques, pour peu qu’on veuille bien les écouter. Ça stimule la conscience, ça créé des discussions et débats, ça questionne, chiffonne et enseigne. Et, comme les contes et paraboles, qui au départ n’étaient pas fait pour les enfants, ça pose ces débats sous une forme accessible à tous, vraiment tous. L’humain n’est pas fait pour vivre dans un monde mécanique sans spiritualité. Comme le dit la fée clochette « n’oubliez jamais de rêver ».

Si je m’appelais Maslow, mais ce n’est pas le cas, je ferais comme ceci la pyramide des besoins fondamentaux humains : une atmosphère confortable, de l’insouciance ou de la pleine conscience, de la joie, de la spiritualité. Et puis je n’en ferais pas une pyramide finalement. Plutôt 4 briques les unes à côté des autres. Peut être alors que vivre à Disneyland pourrait nous sauver ?

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Crédit photo : www.hellodisneyland.com

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